Silent Hill

Origine : France

Année : 2006

Genre : Horreur, fantastique

Note : 8/10

Réalisateur :

 Casting :

 

Liens : IMDB


Avis :


Sharon Da Silva (Jodelle Ferland), petite fille sage et réservée, fait des crises de somnambulisme où elle parle d'un lieu appelé Silent Hill. Ses parents adoptifs, Rose (Radha Mitchell) et Chris (Sean Bean), ne savent plus quoi faire car son état ne cesse d'empirer. Rose décide contre l'avis de son mari d'emmener sa fille dans la fameuse ville. En demandant le chemin pour y accéder à une station service, on lui répond que la ville est abandonnée depuis bien longtemps et qu'aucune route n'y mène. Cybil Bennett (Laurie Holden), officier de police du coin, aperçoit Rose et Sharon et soupçonne Rose de l'avoir enlevée. Elle suit la voiture puis lui demande de s'arrêter. Rose, en voyant soudain le panneau pour Silent Hill, prend la fuite et réussit à entrer. La radio se met alors à crisser, une fillette apparaît au beau milieu de la route et Rose perd le contrôle du véhicule.
À son réveil, Sharon n'est plus là. La ville est recouverte d'un épais brouillard et des cendres tombent du ciel. En pénétrant au coeur de la ville, Rose aperçoit sa fille qui prend la fuite. C'est alors qu'une sirène retentit et la ville est soudainement plongée dans les ténèbres. Un monde cauchemardesque vient d'apparaître...


La déco laisse à désirer quand même !


S'il y a bien une adaptation que je désirais plus que tout au monde, c'est bien celle de Silent Hill, célèbre série de jeux vidéos qui plonge le joueur dans l'horreur la plus totale. Bénéficiant d'une ambiance malsaine et terrifiante, que ce soit par ses visuels ou sa partie sonore, ainsi que des scénarios où la psychologie prime sur le reste, des personnages sombres et torturés, Silent Hill s'est imposée comme la série culte par excellence pour bon nombre de joueurs. Christophe Gans, fan inconditionnel des jeux, avait ce projet en tête depuis fort longtemps. (Je me souviens d'avoir lu une interview de lui datant d'il y a 3 ans où il exprimait son envie d'adapter le jeu sur grand écran)
Bon nombre d'adaptations de jeux vidéos sont des navets en puissance (Resident Evil, Mario Bross, Doom, Street Fighter... en gros, je pourrais tous les citer) d'où les réticences au départ de la communauté vidéoludique. Cependant, les visuels et les trailers montrés quelque temps avant la sortie du film en salles semblaient plus que prometteurs. Allions-nous enfin avoir droit à la première adaptation de jeu réussie de l'histoire du cinéma ?


"Frod... euh non, Rose ! Où-es tu ?!"


Silent Hill est un cauchemar qui prend vie sous les yeux de ses personnages. Un enfer pour leurs corps, un purgatoire pour leurs âmes. Ses décors qui s'effritent lors des changements d'univers, ses murs suintant de sang, ses créatures répugnantes aux formes et aux déplacements inhumains, ses cris et autres petits bruits terrifiants : tout contribue à former cette atmosphère si malsaine, d'une beauté horrible.
En cela, le film retranscrit parfaitement l'horreur, le sentiment de confinement et de malaise. Gans est un vrai fan, ça se voit de suite.
Je n'avais jamais ressenti ça dans aucun autre jeu, ni dans aucun film, certains s'en approchant seulement, comme "L'échelle de Jacob" ou encore "Darkness" sur sa fin. À ce propos, "L'échelle de Jacob", chef d'oeuvre d'Adrian Lyne, fut la principale source d'inspiration des créateurs de Silent Hill. Film que tout fan de Silent Hill (et même de fantastique en général) se doit de voir au moins une fois dans sa vie.
Pour son adaptation, Gans a poussé le vice jusqu'à reproduire les mouvements de caméras si particuliers des jeux. Ajoutons à cela des cadrages ingénieux et des plans d'une beauté saisissante et on obtient une prouesse technique des plus impressionnantes. Gans a toujours eu le soucis du détail dans ses précédents films, mais ici il semble au sommet de son art. Visuellement donc, le film est bluffant.


Alessa, une gentille petite fille comme on les aime.


Mais Silent Hill film comme jeux ne serait Silent Hill sans les géniallissimes compositions d'Akira Yamaoka. Encore un bon point pour Gans qui a conservé les musiques des jeux pour constituer la bande son de son film. En y réfléchissant, ça coulait de source, tant les musiques d'Akira Yamaoka sont à l'image de cet univers, obsédantes, oppressantes, mêlant si habilement les mélodies mélancoliques les plus douces aux sonorités industrielles les plus chaotiques.


Boucherie la pyramide, de la viande fraiche à toute heure.


Au niveau de l'histoire, c'est là que les choses commencent à déraper. Gans ne pouvait adapter le jeu en film sans faire quelques digressions pourtant parfois nécessaires. Certains fans lui ont reproché d'avoir modifié certains éléments clés de l'univers (notamment sur le rôle de la secte) et les non gamers, le fait de présenter au final une intrigue un peu trop légère. Les dialogues sont souvent assez caricaturaux ou tout simplement naifs. Le choix de Roger Avary au scénario n'était peut-être pas une brillante idée. Malgré tout, quelques idées géniales sont à signaler, comme la transition d'un monde à l'autre par les décors qui s'effritent ou encore l'explication donnée à l'épais brouillard qui recouvre la ville, constitué en fait de particules de cendres et de fumée provenant d'une mine de charbon toujours en train de brûler sous terre. (le cas existe bel et bien dans la réalité, où des incendies se sont déclarés dans des mines qui aussitôt ont été condamnées, le charbon brûlant encore sous terre bien des années après)


C'est pas beau de montrer du doigt !


Gans n'est pas réputé pour sa direction d'acteurs et c'est le second gros défaut qu'on pourrait reprocher au film. L'interprétation est parfois un peu trop statique ou simplement manque de conviction. Le casting est pourtant loin d'être mauvais : Sean Bean, Laurie Holden, Radha Mitchell... On a connu pire.
Par contre, une actrice tire son épingle du jeu malgré son tout jeune âge, je veux bien évidemment parler de Jodelle Ferland, qui interprète à la fois l'innocente Sharon et la diabolique Alessa. Deux rôles diamétralement opposés, montrant par là même toute l'étendue du jeu et l'énorme potentiel de cette future grande actrice, à n'en point douter.

Reste enfin un troisième point dont les avis sont partagés, celui de la peur. Non Silent Hill ne vous foutra pas une trouille profonde comme un Ring ou sursauter comme un bon gros slasher movie à l'américaine. Le rôle d'un film d'horreur est par définition de nous horrifier, et cela au moyen de nombreux mécanismes dont celui de la peur qui peut en faire partie, mais pas nécessairement. Pour citer un exemple du site, "Ichi The Killer" est un pur film d'horreur de par son côté boucherie charcuterie, mais ne fait pas peur. Silent Hill est, à l'instar de "L'échelle de Jacob", une représentation d'un univers sombre et torturé aux allures de purgatoire, où le confinement, la monstruosité, les blessures, sont à la fois physiques et psychologiques.


"I'm singin' in the rain !" (air connu, Silent Hill bloody mix)


Au final, Silent Hill est une réussite totale en tant que fan. Pour les néophytes, le film restera une expérience hors du commun présentant un univers terrifiant où l'ambiance torturée et le sentiment d'isolement sont les mots clés. Pas exempt de défauts, loin de là, mais disposant de qualités suffisantes pour le placer bien au dessus de la majorité des films du genre, et définitivement en tête des adaptations de jeux vidéos.


par ultima le 01 Septembre 2006


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