Hatsukoi

Titre original : Hatsu-koi

Autre titre : First Love

Origine : Japon

Année : 2006

Genre : Drame, romance, policier

Note : 6.5/10

Réalisateur :

 Casting :

Liens : IMDB


Avis :


À la fin des années 60, en pleine période de mouvements contestataires de la jeunesse japonaise, Misuzu (Aoi Miyazaki), une lycéenne timide et solitaire se met à fréquenter une bande de jeunes dans un bar d'un quartier peu recommandable. Le leader n'est rien de moins que son frère, Ryo (Masaru Miyazaki), de qui elle a été séparée quand leur père est mort. Cette bande voue une haine sans limite à l'autorité et est impliquée dans plusieurs actes de rébellion contre le système. Mais Kishi (Keisuke Koide), l'intellectuel du groupe, fils d'un ministre actuellement au pouvoir, estime que ces actes de vandalisme sont inutiles et qu'il faut viser plus haut. Secrètement, il manigance avec Misuzu un plan destiné à porter un grand coup à l'autorité. Consciente du danger mais heureuse d'être enfin utile pour quelqu'un, Misuzu accepte...



Hatsukoi raconte l'histoire du plus gros braquage en plein air réussi du Japon, le 10 décembre 1968. Ainsi 300 millions de Yens ont été dérobés et les voleurs n'ont jamais été retrouvés. Basés sur ces faits historiques indiscutables, une femme du nom de Misuzu Nakahara sortira bien des années plus tard un livre relatant cet événement, prétendant n'être rien de moins que le fameux malfaiteur déguisé en agent de police, qui aura réussi à détourner une voiture avec un coffre rempli de billets. Récit authentique ou pure invention de sa part ? Nul ne le sait mais une chose est sûre, son histoire certainement enjolivée est suffisamment crédible pour semer le doute. Après tout, ne dit-on pas "incroyable mais vrai" ?



Yukinari Hanawa a donc décidé d'adapter cette histoire pour le cinéma, pleinement conscient de son potentiel. N'ayant pas lu le livre, je ne pourrai pas faire de comparaison, cela dit plusieurs éléments ressortent. Le contexte de l'époque semble être bien retranscrit. On est en pleine période contestataire, la jeunesse se libère, ce qui donne lieu à de violentes émeutes et affrontements avec les forces de l'ordre. Le background historique est là, son esthétique aussi. Les décors, l'atmosphère, les valeurs. Un bon point donc.
Autre bon point et pas des moindres, Hatsukoi fête les retrouvailles sur grand écran des frères et soeurs Miyazaki. Six ans après le choc Eureka, la merveilleuse Aoi Miyazaki donne une nouvelle fois la réplique à son grand frère ténébreux Masaru Miyazaki. Et six ans après, le binôme fonctionne toujours aussi bien.
Aoi Miyazaki se montre une fois de plus hallucinante de justesse, de sobriété, de finesse, de sensibilité, on peut même dire de grâce. Elle interprète le rôle de Misuzu avec une force et une conviction trop rares pour ne pas le signaler (même si je dis la même chose dans chacun de ses films). Misuzu est peut-être à ce jour sa meilleure interprétation.
Quant à Masaru Miyazaki, il fait preuve lui aussi d'une efficacité redoutable. Il possède un magnétisme incroyable et crève l'écran à chacune de ses apparitions. Un rôle de dur, froid et ténébreux joué à la perfection en opposition parfaite au personnage joué par sa soeur.
Le reste du casting, notamment Keisuke Koide et Rena Komine, ne démérite pas et globalement, il n'y a vraiment rien à reprocher à ce niveau. Il est vrai que je fais souvent dans la prose masturbatoire quand un casting me touche, pourtant ici plus que jamais, c'est justifié.


Ets. Miyazaki, acteurs surdoués depuis 1999.


Mais comme rien n'est tout rose en ce bas monde, Hatsukoi est hélas perfectible sur certains points. La faute en grande partie au réalisateur qui en ne voulant pas sombrer dans l'excès, accouche d'une oeuvre bien trop lisse et superficielle. Trop de retenue de sa part concernant le côté historique autant que la partie romantique. Si l'on peut estimer que c'est peut-être une bonne chose que la romance reste au second plan, évitant au film de trop sombrer dans le pathos, on ne peut que regretter la trop grande légèreté de sa partie historique. Des points intéressants de l'histoire ne seront jamais vraiment développés, comme les affrontements avec l'autorité, le contexte de l'époque, les changements de moeurs...
On peut par ailleurs reprocher que les rôles secondaires soient finalement si peu exploités.
Quelques passages tirés par les cheveux portent également préjudice au film, comme par exemple le sort qui s'acharne sur la pauvre Misuzu au moment fatidique, la roue qui se coince, la bâche du camion qui ce coince sous sa moto, etc... un peu too much.
Avec une histoire de cet acabit et un casting pareil, on pouvait espérer qu'un chef-d'oeuvre voie le jour. Hélas, ce ne sera pas le cas.



Un très bon film malgré tout, au background réussi, porté par des acteurs pleinement impliqués dans le projet et magnifié par la toute puissante interprétation de la paire Miyazaki. Dommage que ce soit les acteurs qui valorisent le film et pas l'inverse.


par ultima le 25 Juin 2007


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